Koumana renaît : voyage au cœur d’un village burkinabè libéré du joug terroriste

libération de Koumana

Après deux années d’occupation, Koumana, village du Bankui, a été libéré par les FDS. Aujourd’hui, habitants et VDP reconstruisent leur quotidien.

Koumana, symbole de résilience : un village renaît après deux ans d’occupation terroriste

Après près de deux années passées sous la coupe des groupes armés, Koumana, village de la commune de Bondoukuy, dans la région du Bankui (ex-Boucle du Mouhoun), revit. Libéré en mars 2025 grâce à l’opération « Tourbillon vert 2 », il est aujourd’hui réinstallé, sous la protection des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Bondoukuy, ce village martyrisé par les terroristes affiche désormais les signes d’une renaissance. Champs cultivés, commerces ouverts, drapeau national hissé à l’entrée : tout témoigne du retour progressif à la normale. Sur le terrain, la vigilance reste de mise, mais les habitants, revenus de l’exil, goûtent à nouveau à la liberté et à la paix retrouvée.

Une libération sous haute surveillance

La reconquête de Koumana s’inscrit dans les efforts des autorités burkinabè pour reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire. Lors d’une évaluation en juillet 2025, le ministre de la Défense, le général Célestin Simporé, avait affirmé que 72,7 % du pays était sous administration étatique. Koumana illustre concrètement cette avancée.

Escortés par les gendarmes de l’ESRI 2, sous le commandement du capitaine Yacouba Sankara, nous avons pu constater la transformation du village. L’armée a repoussé les terroristes, qui avaient installé leur bastion au marché central. Derrière eux, ils ont laissé des hangars incendiés et des infrastructures détruites, mais la détermination des FDS a permis de rétablir l’ordre.

Le rôle décisif des VDP

À Koumana, la sécurité quotidienne repose en grande partie sur les VDP. Kalachnikov en main, « Bélier », le chef local, assure que depuis leur déploiement, « l’ambiance est bonne et la population est revenue en nombre ». Chaque marché hebdomadaire attire à nouveau les foules, signe de confiance retrouvée.

Le président du Conseil villageois de développement (CVD), Abdoulaye, se souvient des longues années d’exil à Bobo-Dioulasso ou Ouagadougou. Mais aujourd’hui, il respire à nouveau. « Ici, le quotidien, c’est travailler aux champs, manger du maïs et du poisson, sans peur », confie-t-il.

Services sociaux en reconstruction

Si la sécurité est revenue, les infrastructures peinent encore à se relever. Le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) reste fermé, malgré les efforts de Lacina, agent de santé communautaire, considéré comme un héros local. Seul soignant sur place, il administre les premiers soins et transfère les cas graves vers Kéra ou Bondoukuy. Les habitants demandent avec insistance la réouverture du CSPS et la réhabilitation des écoles.

Sur le plan éducatif, un espoir renaît : des enseignants sont déjà revenus, et la rentrée scolaire 2025-2026 devrait marquer la reprise des cours. Certains, comme Lakenapin, instituteur devenu VDP, se disent prêts à reprendre la craie tout en continuant à défendre le village.

Un horizon de paix

À Koumana, la reconstruction est en marche. Les habitants reprennent leurs champs, les commerçants rouvrent leurs boutiques et les enfants s’apprêtent à retourner à l’école. Les cicatrices sont encore visibles, mais la fierté d’avoir résisté et l’espoir d’un avenir serein dominent.

Koumana incarne ainsi le chemin parcouru par le Burkina Faso dans sa lutte pour restaurer la souveraineté nationale. Un village hier martyrisé, aujourd’hui debout, symbole de la résilience d’un peuple qui refuse de céder à la peur.

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