
Entre Rome, Istanbul et Assouan, les initiatives internationales contre le terrorisme se multiplient. Mais au Sahel, l’heure est à l’union des forces régionales. L’adhésion du Tchad à l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaît désormais comme une étape clé vers une stratégie sécuritaire commune.
Le dixième sommet du Processus d’Aqaba, tenu à Rome le 15 octobre 2025, a réuni plusieurs dirigeants africains et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : renforcer la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. À l’initiative du Roi Abdallah II de Jordanie, la rencontre, présidée par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, a vu la participation de responsables venus du Tchad, du Nigeria, du Togo, de la Sierra Leone, ainsi que des délégations de l’AES notamment Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal.
Les participants ont souligné que le terrorisme demeure un phénomène multidimensionnel, intimement lié aux réseaux criminels, à la pauvreté et à l’instabilité économique, dépassant ainsi les simples enjeux militaires.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a alerté sur l’escalade de la menace terroriste dans le Sahel et au Tchad. Selon lui, les groupes armés gagnent du terrain, augmentent leurs ressources et perfectionnent leurs tactiques. « Pour vaincre durablement le terrorisme, il faut une approche globale alliant sécurité et développement », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’un partenariat concret et équilibré.
Quelques jours plus tôt, le 8 octobre 2025, s’était tenue à Istanbul la Conférence parlementaire internationale sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, organisée par l’ONU, la Turquie et le Qatar. Rassemblant plus de 150 pays et 20 unions parlementaires, elle a permis aux États africains de réaffirmer que le Sahel constitue un front stratégique dans la lutte mondiale contre la radicalisation.
Le représentant du Mali y a condamné les attaques terroristes répétées et a appelé la communauté internationale à un soutien plus concret face à la montée des violences.
Le 19 octobre 2025, c’est en Égypte, lors du Forum d’Assouan, que les discussions se sont poursuivies autour du thème : « Le monde est en train de changer, l’Afrique est en mouvement ». Sous la présidence du ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty, le forum a insisté sur la triade Paix – Sécurité – Développement, et sur la nécessité pour le continent d’élaborer des solutions basées sur ses propres ressources.
Au cœur des débats : l’Alliance des États du Sahel (AES). Les ministres des Affaires étrangères du Mali et du Burkina Faso ont animé un panel intitulé « Au-delà des tempêtes : l’avenir de la coopération pour le Sahel », salué pour sa vision panafricaine et réaliste.
Face à la montée des défis communs, la coopération régionale s’impose comme une évidence. L’Alliance des États du Sahel, née de la volonté de bâtir une sécurité souveraine et partagée, devient un modèle d’intégration en matière de défense et de développement durable.
Dès lors, la possible adhésion du Tchad à l’AES apparaît comme une évolution naturelle. Ce rapprochement renforcerait la coordination militaire et stratégique, tout en offrant à N’Djamena une place centrale dans la construction d’un Sahel résilient et autonome.
À l’heure où la radicalisation et les violences transfrontalières s’intensifient, l’unité des États du Sahel n’est plus une option mais une nécessité historique. L’entrée du Tchad dans l’Alliance des États du Sahel pourrait marquer le tournant décisif vers un front commun contre le terrorisme et une stabilité durable pour la région.
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